L'avant réveil vu par les maudéans


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Salut à toi jeune maudéan, je me nomme Skraug et mon maître le sage Khornathul m’a jadis chargé de transmettre son savoir aux jeunes générations. Aujourd’hui mon maître est mort, mais je retranscrirais fidèlement pour toi la dernière leçon qu’il m’a donnée, elle concernait l’histoire des dragons.

Dires de Khornathul l’historien :
Je me souviens d’un temps où ne formions qu’un peuple, un temps où nous vivions, nous aimions et donnions naissance nos enfants sur les terres draconiques, sans crainte ni soucis. En ce temps, la vie était douce et le gibier abondant, les combats étaient rares et plus encore ceux qui menaient à la mort de l’un des notre. Cette période fut appelée par la suite l’âge d’Or.

Hélas, nous avons pris ce bonheur pour acquis, nous ne savions pas la chance que nous avions. L’insouciance régnait en maîtresse cruelle sur nos pensées et nous n’avons pas vu le malheur arriver. Sans guerre ni régulation d’un autre ordre, la démographie draconique explosa.

Ce qui devait arriver arriva, nous sommes devenus bien trop nombreux pour que les richesses de notre terre suffissent à nous nourrir et nous avons grignoté toujours plus vite les ressources de nos terres. L’âge d’Or était agonisant.

Alors que nous foncions tête baissée vers notre propre fin, un dragon a su percer le voile d’innocence qui nous masquait la réalité. Alors que la nourriture commençait à manquer, il a vu la catastrophe arriver et a choisit d’appliquer la seule solution qui nous permettrait de survivre. Ce dragon s’appelait Ashad-Tahr et quoi qu’on puisse dire à présent sur son compte, il fut celui qui en ces temps de crise sauva la race draconique de l’extinction totale.

Sa solution, cruelle pour certains, réaliste pour d’autres fut de diminuer la population en suivant un principe simple : Seuls les forts méritent de survivre. La théorie était simple, il suffisait d’éliminer tous les faibles afin de retrouver les temps de la prospérité que nous pleurions déjà. La mise en ouvre fut plus compliquée et aujourd’hui encore, bien que 51000 ans se soient écoulés et que notre Seigneur ait été emprisonné nous combattons encore.

Mais je me disperse, retournons à la gloire du passé.

Ashad-Tahr commença donc à rassembler autour de lui les forts, ceux qui méritaient de vivre et qui comprenaient ses idées. Je fus l’un des premiers à le rejoindre et très vite nous priment le nom de maudéans : les forts et nous lui jurâmes fidélité! Par oppositions, nous nommèrent les dragons inaptes à la survie les harros, ce qui dans l’ancien langage signifiait les faibles.

Il nous a fallu plus de 1200 ans pour rassembler les forts, pour les convaincre d’oublier la pitié, pour leur faire comprendre que notre solution était la seule envisageable.

Pendant que nous rassemblions nos forces, l’âge de la Famine prenait son essor et les dragons périrent par millions.

Enfin vint le jour glorieux où nous avons lancé notre assaut. Notre colère s’est abattue sur les faibles et les impotents dans les premiers temps de ce qui fut par la suite appelé la Grande guerre et de nombreux dragons isolés furent massacrés.

Nos ennemis, nos victimes plutôt périrent par millier avant même de comprendre que leur temps sur notre terre s’achevait. Peu à peu cependant, les harros s’organisèrent pour résister autour du puissant dragon nommé Khellendros. Tous les forts n’avaient pas choisit de nous rejoindre et certains comme Khellendros choisirent de protéger les faibles. S’ensuivit une terrible guerre qui semblait ne jamais devoir avoir de vainqueur.

Le nombre des morts augmentant sans que jamais un camp ne prenne d’avantage décisif sur l’autre, certains dragons, harros ou maudéans choisirent de se retirer de la guerre. Ils gagnèrent des terres isolées et essayèrent de survivre en paix avec leurs voisins.

Avec à leur tête le sage Hermorrhage, ils fondèrent un troisième clan, celui des dragons indépendants et pacifiques. On les nomma neutres ou d’autres termes moins obligeants comme les gris ou les lâches et ils réussirent à se retirer du conflit millénaire, pour un temps du moins…

Alors que maudéans et harros s’entretuaient sans résultats significatifs, notre maître se décida à recourir au wyrd pour tenter de débloquer la situation. Il prépara un rituel d’une puissance inimaginable qui devait détruire tous les dragons non maudéans présents sur les terres draconiques. Comme tu t’en doutes le rituel n’a pas eu le résultat espéré. Probablement alerté par des traîtres, Khellendros, maudit soit-il, a tenté de retourner le rituel contre les maudéans. Sa tentative provoqua un disfonctionnement dans le déroulement du rituel et celui-ci au lieu de détruire les harros donna naissance à la Brume. Celle-ci recouvrit la quasi-totalité de nos terres et provoqua plus de morts que les 500 siècles de guerres qui ont précédé son apparition.

Hermorrhage décida alors d’intervenir pour que cesse la guerre. Il complota avec Khellendros pour bannir notre Seigneur dans un plan sans issue et conjuguant leurs forces, ils parvinrent à rejeter le puissant dragon dans les limbes obscures. Ce que ne savait pas Khellendros, c’est que le rusé Seigneur des Neutres avait prévu de lui faire subire le même sort. Ainsi disparurent de nos terres les deux grands dragons. Fous de rage, les harros survivants donnèrent la chasse à Hermorrhage, aujourd’hui encore, ils sont à sa recherche…

Quant à nous maudéans, nous sommes actuellement à la recherche d’un nouveau Seigneur. Certains veulent que je prenne ce poste du droit de la Force et de l’ancienneté, mais je ne sais encore, notre Seigneur est toujours vivant et je pense qu’il nous faut tenter de le retrouver !

Peu après, mon maître a été tué par des dragons qui avaient eu vent de sa possible accession au poste de chef suprême des maudéans. Quelle cruelle ironie, lui qui était le plus fidèle partisan de notre maître, il fut abattu par ceux qui croyaient qu’il voulait usurper Sa place…

Après la mort de mon maître, les dragons furent pris d’une étrange léthargie et tous retournèrent dans leurs plans pour s’endormir d’un sommeil pluri-millénaire.

Il se fait tard à présent, demain si tu le souhaites, je te raconterais l’histoire de notre réveil et du retour de notre maître qui fit trembler le monde !

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